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Édouard Balladur et sa basse-cour ont
fait passer les réformes de la Constitution ce
mercredi au Conseil des ministres. Personne ne sait
exactement quelles sont les rustines, d'ailleurs, nous
n'avons pas besoin de le savoir. Depuis quand la
démocratie exigerait de consulter le peuple avant de
réformer la Constitution ? Pour imposer un
traité européen ? Ce projet de réforme
constitutionnelle était une idée fixe de
Nicolas Sarkozy. Les députés débattront
du texte dès le 20 mai et les sénateurs en
juin. La "nouvelle Constitution" doit être
définitivement adoptée par les 3/5e du
Congrès en juillet. Il eût été
plus simple d'organiser un référendum mais
Nicolas ne veut plus de référendums. Selon
l'Élysée, les propositions du comité
présidé par l'ex-Premier ministre
Édouard Balladur et par Jack Lang,
vice-président du comité, ont
été presque toutes reprises.
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On
notera surtout la limitation à deux mandats
présidentiels consécutifs (deux fois cinq ans)
et la possibilité pour les citoyens de saisir le
Conseil Constitutionnel «s'ils s'estiment victimes
d'une loi contraire aux droits garantis par la
Constitution». Jack Lang a-t-il miné la
Constitution ? Le président sera encadré par
une commission parlementaire chargée de donner son
avis sur les nominations. Le président ne
préside plus le Conseil Supérieur de la
Magistrature (CSM). Question économies, c'est
raté: Les commissions passent de 6 à 8.
L'article 49-3 (adoption d'une loi sans vote) est
réduit aux budgets et à un texte par session.
François Fillon, le Premier ministre, entamera
début mai une série de consultations des chefs
des partis. L'ex-Premier ministre, Édouard Balladur,
a été clair: «Les Français devront
faire des efforts...» Balladur, né le 2 mai 1929
à Smyrne en Turquie, a été
chargé par Sarkozy de modifier la Constitution avec
Jack Lang... Nicolas Sarkozy en a marre de ses ministres et
de François Fillon. Il voudrait voir plus de
soumission de leur part. «La prochaine fois, c�est
dehors !»
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Ah,
elle est bien faite notre République. Les citoyens
n'ont plus rien à faire, on pense pour eux. On a
même légèrement modifié le sens
du mot "démocratie" qui à l'origine
signifiait: «Le pouvoir par le peuple et pour le
peuple». C'était même inscrit dans la
Constitution: «Art. 2. La langue de la
République est le français - La devise de la
République est Liberté, Égalité,
Fraternité - Son principe est "gouvernement du
peuple, par le peuple et pour le peuple" - Art. 3. La
souveraineté nationale appartient au peuple qui
l'exerce par ses représentants et par la voie du
référendum - Aucune section du peuple ni aucun
individu ne peut s'en attribuer l'exercice.» Vous le
voyons, la Constitution a été scrupuleusement
respectée pour modifier la
Constitution.
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Le
Sénat va donc boucler le projet de loi sur la
réforme des institutions du 17 juin au 23 juin. La
majorité du Sénat (UMP) a déjà
rejeté une proposition de loi du PS visant à
modifier le mode d'élection des sénateurs (en
France, contrairement aux USA, les sénateurs ne sont
pas élus par le peuple et votent les lois).
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Cela
aurait été si simple, proposer aux
Français la réforme la Constitution par
référendum comme en 1962 (de Gaulle) ou en
2000 (Chirac) ou encore plus simple, soumettre au peuple,
toujours par référendum, une nouvelle
Constitution comme en 1946 (IVe République) et en
1958 (Ve République, Charles de Gaulle). Jusqu'en
2000, les Français étaient capables de prendre
en main leur destinée. Depuis 2005, c'est fini. Le
Sénat va approuver la réforme, une mixture de
compromis, en deuxième lecture. Il restera à
la faire passer au Congrès le 21 juillet et confirmer
le vote par 3/5e des suffrages. Il faudra menacer des
députés UMP car certains sont réticents
et la majorité n�est pas acquise avec l�opposition du
PS. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy a harangué ses
troupes lors d'un buffet à l�Élysée.
Nicolas Sarkozy a "mis en garde" les députés
UMP qui voudraient (quand-même) voter contre la
réforme de la Constitution.
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Nicolas Sarkozy a tout fait pour convaincre les
parlementaires de l'opposition et de l'UMP, quitte à
les menacer. Les UMPistes ont cédé, ils vont
voter la réforme. Le PS votera contre, seul Jack Lang
votera pour, il a participé à commission
Balladur en charge de la réforme. Nicolas Sarkozy a
essayé d'acheter le PS en lui promettant un "droit de
réponse"... Nicolas Sarkozy aura dû menacer son
propre camp pour obtenir cette réforme qui aurait
dû être soumise à un
référendum. Julien Dray n'a jamais vu, depuis
qu'il est parlementaire, autant de pressions et de chantage
pour obtenir un vote. «Un système qui
présidentialise à outrance les institutions de
la République n'est pas sain... Le grand perdant de
cette réforme institutionnelle, c'est le Premier
ministre, dont on ne voit plus très bien quelle est
sa fonction...» Cela aurait été plus
simple de proposer aux Français la réforme la
Constitution par référendum comme en 1962 (de
Gaulle) ou en 2000 (Chirac) et encore plus simple de
soumettre au peuple, toujours par référendum,
une nouvelle Constitution comme en 1946 (IVe
République) et en 1958 (Ve République, de
Gaulle). Le traité de Lisbonne aurait lui-aussi
dû être soumis à un
référendum. Concernant Jack Lang, le seul
socialiste à voter la réforme, Julien Dray a
déclaré: «La sanction viendra des
militants et des responsables du
parti...»
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Le
Parlement, réuni en Congrès à
Versailles, a adopté la réforme des
institutions par 539 voix contre 357. La majorité
requise étant des 3/5e, cela fait donc une voix. Nous
sommes bien entrés ce lundi dans l'ère de la
Sarkozie, une ploutocratie ou, comme l'a nommée
Arnaud Montebourg, une "monocratie" au profit de Nicolas
Sarkozy. L'opposition de gauche pense -à juste titre-
que cette réforme conduira à une
présidentialisation accrue du régime. Au
fait... Combien de Français ont lu le texte de la
réforme avant de le faire signer par les élus
? Pour être adopté, le texte a
été approuvé par l'UMP, ses
alliés centristes, les radicaux de gauche et le
ralliement de dernière minute de parlementaires UMP
récalcitrants. Sarkozy a dû "convaincre" les
hésitants un à un en usant de la menace.
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Certains élus affirment avoir subi des
"pressions" et redoutent un régime
«hyperprésidentiel...» Le texte modifie
complètement la Constitution actuelle, environ la
moitié des articles. Le chef de l'État
conserve une immunité totale, les mandats sont
limités à deux consécutifs. Si la
réforme maintient le référendum pour
toute nouvelle adhésion à l'Union
Européenne (la Turquie), le président peut
choisir la voie parlementaire si les trois-cinquièmes
du Parlement l'autorisent. Nicolas Sarkozy parle d'un
«grande victoire pour la démocratie...» Une
voix... Celle de Jack Lang ? Jack Lang a donc permis
l'adoption de la réforme. Les Socialistes l'accusent
de "trahison". Jack Lang déclare sans rire: «Je
reste plus que jamais un opposant déterminé au
gouvernement...» Sans blague. François Fillon,
le Premier ministre, salue le "courage" de l'ex-ministre de
la Culture socialiste.
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Des
députés accusent carrément la direction
du Parti Socialiste «d'antisarkozysme pavlovien»
(qui a rapport aux expériences de Pavlov, notamment
dans le domaine des réflexes conditionnés et
de la fonction cérébrale). Selon Julien Dray,
le porte-parole du PS, «Jack Lang n'a plus sa place au
Parti Socialiste...» Pour Jean-Marc Ayrault, le chef de
file des députés PS et
député-maire de Nantes, Jack Lang a franchi le
Rubicon. L'ex-ministre socialiste, ex-Robin de Blois
parachuté dans le Pas-de-Calais, a été
mis à l'index du PS. «Il n'y a pas d'exclusion
formelle. On a pris acte que Jack Lang s'est mis
lui-même en dehors du groupe socialiste...» Des
députés et trois sénateurs socialistes
du Pas-de-Calais se sont «clairement
désolidarisés» de Jack. Lang avait
accepté de participer, sans l'accord du PS, au
Comité Balladur sur la réforme des
institutions, il avait démissionné des
instances dirigeantes du Parti Socialiste en juillet 2007.
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L'ex-Robin de Blois ne se laisse pas intimider:
«Il n'est au pouvoir de personne de me rayer de la
carte du paysage politique français !... Socialiste
je suis, socialiste je resterai et il n'appartient à
aucune instance, surtout d'un parti aujourd'hui en crise, de
me retirer quelque étiquette que ce soit...»
L'UMP est partie au secours de la voix lorraine (Jack Lang
est né le 2 septembre 1939 à Mirecourt dans
les Vosges) sauveuse de la réforme. L'UMP
dénonce une "chasse à l'homme".
Jean-François Copé a eu "une pensée"
pour Jack (Snif... Que c'est beau l'amour). Nicolas Sarkozy
aura au moins réussi cela: Diviser les Socialistes en
débauchant Bernard Kouchner ou Jack
Lang.
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Pour
Nicolas Sarkozy, Jack Lang a fait un choix courageux et
très respectable en votant la réforme de la
Constitution. En réalité Jack Lang a
sauvé Nicolas Sarkozy et le gouvernement. Ah, il peut
être fier notre ex-ministre socialiste. Non seulement
il coule définitivement le PS mais il sauve une
réforme constitutionnelle d'une Lang, la sienne...
Réforme ? La moitié des articles le la Ve ont
été modifiés. Il s'agit plutôt
d'un nouvelle Constitution ! Dans n'importe quel pays,
même dans certaines prétendues dictatures, une
telle modification de la Constitution aurait
été soumise à un
référendum. «Un grand pas pour la
démocratie.» Nicolas Sarkozy a invité sa
basse-cour, les Radicaux de gauche (très à
droite maintenant) ayant voté sa réforme et
bien entendu Jack Lang à un cocktail à
l'Élysée pour fêter le vote de la
réforme et le seul Socialiste qui a sauvé
Sarko avec sa Lang. Noutnoute suggère que la
réforme porte le nom du député PS, le
seul socialiste à l'avoir votée:
«Réforme Jack Lang».
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