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Karol Wojtyla † † |
Ioannes Paulus PP. II Vatican - 25 03 1995 |
EXTRAIT † † |
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13.
Pour favoriser une pratique plus étendue de
l'avortement,
on a investi et on
continue à investir des sommes considérables
pour la mise au point de préparations pharmaceutiques
qui rendent possible le meurtre du foetus dans le sein
maternel sans qu'il soit nécessaire de recourir au
service du médecin... Il est fréquemment
affirmé que la contraception, rendue sûre et accessible à tous,
est le remède le plus efficace contre l'avortement
... Mais les contrevaleurs présentes dans la
«mentalité contraceptive» bien
différentes de l'exercice responsable de la
paternité et de la maternité,
réalisé dans le respect de la pleine
vérité de l'acte conjugal sont telles
qu'elles rendent précisément plus forte cette
tentation, face à la conception éventuelle
d'une vie non désirée. De fait, la culture qui
pousse à l'avortement est particulièrement
développée dans les milieux qui refusent
l'enseignement de l'Église sur la contraception.
Certes, du point de vue moral, la contraception et
l'avortement sont des maux spécifiquement
différents:
l'une contredit la
vérité intégrale de l'acte sexuel comme
expression propre de l'amour conjugal, l'autre
détruit la vie d'un être humain; la
première s'oppose à la vertu de
chasteté conjugale, le second s'oppose à la
vertu de justice et viole directement le précepte
divin «tu ne tueras pas»...
Mais, même avec cette nature et ce poids moral différents, la contraception et l'avortement sont très souvent étroitement liés, comme des fruits d'une même plante. Il est vrai qu'il existe même des cas dans lesquels on arrive à la contraception et à l'avortement lui-même sous la pression de multiples difficultés existentielles, qui cependant ne peuvent jamais dispenser de l'effort d'observer pleinement la loi de Dieu. Mais, dans de très nombreux autres cas, ces pratiques s'enracinent dans une mentalité hédoniste et de déresponsabilisation en ce qui concerne la sexualité et elles supposent une conception égoïste de la liberté, qui voit dans la procréation un obstacle à l'épanouissement de la personnalité de chacun. La vie qui pourrait naître de la relation sexuelle devient ainsi l'ennemi à éviter absolument, et l'avortement devient l'unique réponse possible et la solution en cas d'échec de la contraception... Le diagnostic prénatal, qui ne soulève pas de difficultés morales s'il est effectué pour déterminer les soins éventuellement nécessaires à l'enfant non encore né, devient trop souvent une occasion de proposer et de provoquer l'avortement. C'est l'avortement eugénique, dont la légitimation dans l'opinion publique naît d'une mentalité perçue à tort comme en harmonie avec les exigences «thérapeutiques» qui accueille la vie seulement à certaines conditions et qui refuse la limite, le handicap, l'infirmité ... En outre, le scénario actuel devient encore plus déconcertant en raison des propositions, avancées çà et là, de légitimer dans la même ligne du droit à l'avortement, même l'infanticide, ce qui fait revenir ainsi à un stade de barbarie que l'on espérait avoir dépassé pour toujours... La contraception, la stérilisation et l'avortement doivent évidemment être comptés parmi les causes qui contribuent à provoquer les situations de forte dénatalité. On peut facilement être tenté de recourir à ces méthodes et aux attentats contre la vie dans les situations d'«explosion démographique»... 17. L'humanité contemporaine nous offre un spectacle vraiment alarmant lorsque nous considérons non seulement les différents secteurs dans lesquels se développent les attentats contre la vie, mais aussi leur forte proportion numérique, ainsi que le puissant soutien qui leur est apporté par un large consensus social, par une fréquente reconnaissance légale, par la participation d'une partie du personnel de santé... Comme je l'ai dit avec force à Denver, à l'occasion de la VIIIe Journée mondiale de la Jeunesse, «les menaces contre la vie ne faiblissent pas avec le temps» ... Au-delà des intentions, qui peuvent être variées et devenir convaincantes au nom même de la solidarité, nous sommes en réalité face à ce qui est objectivement une «conjuration contre la vie», dans laquelle on voit aussi impliquées des Institutions internationales, attachées à encourager et à programmer de véritables campagnes pour diffuser la contraception, la stérilisation et l'avortement. Enfin, on ne peut nier que les médias sont souvent complices de cette conjuration, en répandant dans l'opinion publique un état d'esprit qui présente le recours à la contraception, à la stérilisation, à l'avortement... De telles circonstances peuvent atténuer, même considérablement, la responsabilité personnelle et la culpabilité qui en résulte chez ceux qui accomplissent ces choix en eux-mêmes criminels ... Sur un autre plan, les racines de la contradiction qui apparaît entre l'affirmation solennelle des droits de l'homme et leur négation tragique dans la pratique se trouvent dans une conception de la liberté qui exalte de manière absolue l'individu et ne le prépare pas à la solidarité, à l'accueil sans réserve ni au service du prochain [...]. 20. Avec cette conception de la liberté, la vie en société est profondément altérée... L'État n'est plus la «maison commune» où tous peuvent vivre selon les principes de l'égalité fondamentale, mais il se transforme en Etat tyran qui prétend pouvoir disposer de la vie des plus faibles et des êtres sans défense, depuis l'enfant non encore né jusqu'au vieillard, au nom d'une utilité publique qui n'est rien d'autre, en réalité, que l'intérêt de quelques-uns... «En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave du péché» (Jn 8, 34)... Toujours dans le même contexte culturel, le corps n'est plus perçu comme une réalité spécifiquement personnelle, signe et lieu de la relation avec les autres, avec Dieu et avec le monde. Il est réduit à sa pure matérialité, il n'est rien d'autre qu'un ensemble d'organes, de fonctions et d'énergies à employer suivant les seuls critères du plaisir et de l'efficacité. En conséquence, la sexualité, elle aussi, est dépersonnalisée et exploitée: au lieu d'être signe, lieu et langage de l'amour, c'est-à-dire du don de soi et de l'accueil de l'autre dans toute la richesse de la personne, elle devient toujours davantage occasion et instrument d'affirmation du moi et de satisfaction égoïste des désirs et des instincts... Cependant, toutes les influences et les efforts pour imposer le silence n'arrivent pas à faire taire la voix du Seigneur qui retentit dans la conscience de tout homme; car c'est toujours à partir de ce sanctuaire intime de la conscience que l'on peut reprendre un nouveau cheminement d'amour, d'accueil et de service de la vie humaine [...]. Il est donc moralement inacceptable que, pour la régulation des naissances, on encourage ou on aille jusqu'à imposer l'usage de moyens comme la contraception, la stérilisation et l'avortement... La banalisation de la sexualité figure parmi les principaux facteurs qui sont à l'origine du mépris pour la vie naissante: seul un amour véritable sait préserver la vie. On ne peut donc se dispenser de proposer, surtout aux adolescents et aux jeunes, une authentique éducation à la sexualité et à l'amour, une éducation comprenant la formation à la chasteté, vertu qui favorise la maturité de la personne et la rend capable de respecter le sens «sponsal» du corps... La loi morale les oblige en tout cas à maîtriser les tendances de leurs instincts et de leurs passions et à respecter les lois biologiques inscrites dans leurs personnes. C'est précisément cette attitude qui rend légitime, pour aider l'exercice de la responsabilité dans la procréation, le recours aux méthodes naturelles de régulation de la fertilité... Précisément dans cette perspective, j'ai institué l'Académie pontificale pour la Vie, dans le but «d'étudier, d'informer et de donner une formation en ce qui concerne les principaux problèmes de la bio-médecine et du droit, relatifs à la promotion et à la défense de la vie, surtout dans le rapport direct qu'ils entretiennent avec la morale chrétienne et les directives du Magistère de l'Église»... Jésus nous a lui-même montré que la prière et le jeûne sont les armes principales et les plus efficaces contre les forces du mal (cf. Mt 4, 1-11) La «Femme
enveloppée de soleil» ainsi que le souligne
le Livre de l'Apocalypse (1)
«était enceinte» (12, 2). L'Église
est pleinement consciente de porter en elle le Sauveur du
monde... Ainsi Marie se présente comme modèle
pour l'Église, appelée à être la
«nouvelle Eve», mère des croyants,
mère des « vivants » (cf. Gn 3, 20)... |
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