Israël, puissance nucléaire


Lundi 14 août 2006
Le RdM avait proposé il y a déjà des années de fonder une fédération regroupant la Palestine, Gaza et Israël. Tous unis (comme la Confédération Helvétique) et tous ayant une réelle autonomie et où tous pourraient librement pratiquer leur religion. Cela aurait mis fin aux conflits qui durent depuis près de 50 ans. Le général de Gaulle avait des doutes concernant la création de l'État d'Israël. De Gaulle craignait l'établissement d'un État Hébreu au Proche-Orient... Le général ne s'était pas trompé, les guerres ont immédiatement suivi la création de l'État d'Israël le 15 mai 1948. Pourtant, la France va permettre à Israël de devenir une puissance nucléaire hors du contrôle international et des traités...

En 1978, Israël occupe une partie du Liban (opération Litani). L'ONU (résolution 425 des Nations-Unies) a condamné Israël pour cette invasion et l'a l'invité à quitter le territoire libanais. Non seulement Israël ne l'a pas fait mais a mis en place une milice, «L'armée du Liban Sud», payée, armée et formée par les Israéliens. Le Hezbollah est né dans la clandestinité après 1982 du mouvement Pasdarans (Iran) pour combattre l'occupation du Liban par Israël (opération "Paix en Galilée"). Le Hezbollah a largement contribué à la libération du Liban en mai 2000. Après 22 ans d'occupation, Israël a été contraint de se retirer du Liban. En juin 1967, le général Charles de Gaulle fait une déclaration juste avant la «Guerre des 6 Jours», la troisième guerre isrélo-arabe:

«Messieurs, je vais vous demander de mettre fin à notre séance. Je dois en effet vous quitter, afin de recevoir le ministre des Affaires étrangères d'Israël, M. Eban, qui est de passage à Paris. Mais je veux que vous sachiez ce que je vais lui dire. De toute évidence, vais-je déclarer au ministre d'Israël, vous vous orientez vers la reprise des hostilités. Si vous le faites, vous gagnerez à coup sûr, et sans délai. Mais cela aura trois graves conséquences. D'abord, l'implantation soviétique au Moyen-Orient, et par contrecoup, en Afrique - ce qui n'est pas sans importance pour la France - se développera. L'équilibre mondial s'en trouvera menacé. Deuxième conséquence: dans le monde arabe, les régimes modérés seront découragés et tomberont pour céder la place aux extrémistes. Il s'ensuivra une menace sur le ravitaillement en pétrole de l'Occident, et surtout de l'Europe. Enfin, le problème palestinien, qui n'est encore qu'un problème de réfugiés, deviendra une grande cause nationale. En conclusion, je dirai ceci à M. Eban: Nous ne voulons à Israël que du bien. Les avertissements que nous vous prodiguons doivent être considérés comme des marques d'intérêt et d'amitié. Ne prenez pas le mors aux dents.»
Discours du Général de Gaulle - Philippe Alexandre - «Le duel de Gaulle - Pompidou» page 199 - Grasset, 1970.

Le 5 juin 1967, l'aviation israélienne anéantit l'aviation égyptienne. Les blindés israéliens envahissent le désert du Sinaï et la bande de Gaza. Le 8 juin, Israël attaque la Syrie et la Jordanie. Le 10 juin, Israël remporte une victoire totale. Gaza et la péninsule du Sinaï, la base de Charm-el-Cheik (Égypte), le plateau du Golan (Syrie), la Cisjordanie et la partie orientale de Jérusalem sont occupés et passent sous le contrôle d'Israël.

En 1968, Israël a refusé de signer le TNP (Traité de Non Prolifération des armes nucléaires) en poursuivant son programme nucléaire militaire sans aucun contrôle international. Actuellement, on estime l'arsenal nucléaire d'Israël à environ 400 têtes (source: Jane’s Intelligence Review - UK). La puissance de feu est estimée à 50 mégatonnes soit près de 4000 fois la bombe d’Hiroshima. Israël a été largement fourni en armement par la France (les Mirage III) puis par les USA (300 chasseurs F-16 et 25 F-15). Ces avions sont équipés de missiles air-sol «Popeye» à tête nucléaire. L'Allemagne (mais si !) a fourni trois sous-marins Dolphin (en 1999-2000) équipés de missiles «Popeye Turbo», permettant à Israël de disposer en permanence de deux sous-marins dotés de missiles nucléaires en Méditerranée, en Mer Rouge ou dans le Golfe Persique. Israël dispose également d'une cinquantaine de missiles «Jéricho II» plus des «Jéricho II B», pouvant être lancés de rampes mobiles et armés d'une charge nucléaire d’une tonne. Le «Jéricho II» a donné le «Shavit», un lanceur ayant permis à Israël de mettre en orbite les satellites Ofek. Le «Shavit» peut également être utilisé comme missile doté de l'arme atomique à très grande portée.

En 1956, la France a fourni à Israël un réacteur nucléaire de 18 mégawatts. Puis, Israël a envahi le Sinaï (Egypte). Cela a permis à la France et à la Grande-Bretagne d'occuper le canal de Suez, nationalisé par Nasser. La France va ensuite fournir les techniciens pour construire un réacteur nucléaire de 24 mégawatts à Dimona (désert du Néguev). Les éléments du réacteur seront acheminés en Israël via un réseau de contrebande: Les autorités françaises prétextant qu’il s'agit d’une installation de dessalement destinée à un pays d’Amérique Latine.

En 1958, un avion-espion de l'USAF photographie le site nucléaire de Dimona. Israël prétend d'abord que c'est une usine textile, puis une station agricole et enfin un centre de recherche métallurgique... En 1959, la Norvège fournit 20 tonnes d’eau lourde, pour des usages... pacifiques ! En 1960, le général De Gaulle exige du Premier ministre israélien Ben Gourion de rendre public le projet nucléaire de Dimona. Ben Gourion refuse. Un compromis est trouvé: La France fournira tout ce qu'il faut pour terminer le réacteur et Israël devra révéler l’existence du réacteur. Israël doit s’engager à l’utiliser exclusivement à des fins civile et... pacifiques. Les États-Unis demandent à Israël de permettre l'inspection du réacteur de Dimona. Israël accepte mais les inspections (1962 - 1969) sont une mise en scène. Sous la présidence de Lyndon Johnson, en 1965, 90 kg d'uranium enrichi disparaissent de la «Nuclear Materials and Equipment Corporation» à Apollo en Pennsylvanie. Ils sont arrivés... en Israël...

Israël, qui n'est donc pas sous le contrôle de l'AIEA, a aidé l’Inde dans son programme nucléaire militaire. En novembre 2003, Israël accuse l'Iran de développer en cachette un programme nucléaire militaire. Déjà en juin 2002, la revue «Jane’s» écrivait qu'une attaque d'Israël sur l'Iran avait été programmée: «Israël lancera presque certainement une attaque préventive contre l’infrastructure iranienne de recherche et de développement nucléaire... Israël aurait, selon toute probabilité, l’appui couvert des États-Unis». En 2006, l'Inde peut poursuivre son programme militaire nucléaire hors de contrôle de l'AIEA.
L'Iran, lui, est menacé de frappes.

Dimanche 2 mars 2008

Israël poursuit l'offensive la plus meurtrière depuis 2000 sur la bande de Gaza où l'armée a déployé 2000 soldats. Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, affirme qu'Israël va poursuivre ses frappes. «Israël n'a aucune intention de cesser, ne serait-ce que pour un moment, les combats contre les organisations terroristes»... Dans la nuit de samedi à dimanche, des avions de l'armée de l'air israélienne ont bombardé les bureaux d'Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas (le gouvernement de la Palestine depuis juin 2007) à Gaza et les a entièrement détruits. Ce dimanche matin, les combats ont fait cinq victimes, des Palestiniens, au nord de la bande de Gaza. Samedi, 61 Palestiniens et 3 soldats israéliens ont été tués dans l'opération "Hiver chaud". Ehud Barak, le ministre de la Défense israélienne, a clairement menacé le gouvernement palestinien: «Le Hamas paiera le prix et les conséquences de la dégradation de la situation...

Le but de l'opération est de mettre fin aux tirs de roquettes. Il ne sera pas atteint dans les deux prochains jours, nous allons continuer les frappes et nous devons nous préparer à une escalade...» Exactement comme lors des bombardements sur le Liban. Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les violences à Gaza et dans le sud d'Israël. Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, reconnaît à Israël le droit de se défendre mais dénonce «l'usage disproportionné et excessif de la force en tuant ou blessant tant de civils, y compris des enfants...» Ehud Olmert lui a répondu: «Personne n'a le droit moral de critiquer Israël...» Et vlan...

Depuis mercredi, début de l'opération israélienne, une centaine de Palestiniens ont été tués et un israélien est mort dans le tir d'une roquette. La plupart des pays arabes ont condamné l'opération israélienne. La présidence slovène de l'UE a dénoncé «l'usage disproportionné de la force par l'armée israélienne contre des civils» tout en condamnant les tirs de roquettes. Depuis 2000, il y a eu 6264 personnes tuées dans les combats entre Israéliens et Palestiniens. La plupart sont des Palestiniens dont beaucoup de femmes et d'enfants. Le 22 mars 2004, le chef historique du Hamas, cheikh Ahmed Yassine, a été éliminé en Palestine sur ordre d'Ariel Sharon dans une attaque "chirurgicale" israélienne (un missile). Quelques jours plus tard, son successeur, Abdel-Azziz Al-rantissi, a été assassiné.


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