Spécial Liban

Le monde est dangereux à vivre. Non pas à cause de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.

Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine.
En ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas acquis la certitude absolue.

Albert Einstein

Rappel biblique: Ismaël (Smaïl ou Smaïn) est le premier fils d'Abraham qu'il a eu avec Agar, la servante égyptienne de son épouse Sarah. Abraham a 99 ans et Sarah 90 ans lorsque naît Isaac, de l'épouse "légitime" d'Abraham, Sarah. Après la naissance d'Isaac, Sarah demande à Abraham de chasser Ismaël et sa mère. Ismaël et Agar vont alors errer dans le désert. Ismaël engendrera les 12 tribus qui deviendront les Arabes et Isaac va engendrer les 12 tribus d'Israël (Jacob). Un désaccord oppose toutefois les Musulmans et les Hébreux: Les Musulmans pensent qu'Ismaël est le fils que Dieu aurait exigé en sacrifice (holocauste) à Abraham et non Isaac (sur le mont Moria - Genèse, 22). Selon le Coran, Agar est considérée comme la seconde épouse d'Abraham et Ismaël est donc le fils aîné. C'est le "père" des Arabes appelés "musta'ribah" (Arabes par alliance). Le prophète Mahomet serait, selon le Coran, son descendant. Selon la Torah, Ismaël est le fils d'une concubine. Il est sans légitimité du point de vue de la loi Juive.

Pourquoi anéantir le Liban ?
Le Liban est un petit pays de 10 400 km² (250 km de long et entre 40 km et 70 km de large), soit le tiers de la Belgique et la moitié d'Israël. Sa population est de 3,5 millions d'habitants. Le Liban est bordé au nord et à l'est par la Syrie, au sud par Israël et à l’ouest par la Méditerranée. Les Monts Liban sont une chaîne de montagnes culminant au Qornet es Saouda à 3083 mètres surplombant la plaine la Bekaa à 900 m d'altitude. Les villes les plus importantes sont Beyrouth (la capitale), Tripoli, Saïda, Tyr, Nabatieh, Zahlé et Jounieh. Le Liban est un exemple de cohabitation pacifique d'une trentaine de religions ou groupes religieux, les deux plus importants groupes étant les Musulmans et les Chrétiens. Le Liban est également composé de diverses nationalités: Libanais, Kurdes, Arméniens, Syriens, Égyptiens, Chaldéens, Français, Irakiens, Espagnols, Anglais, Grecs, Italiens, Turcs, Portugais, Assyriens, Américains ou Juifs. On estime à 350 000 le nombre de réfugiés Palestiniens, ce qui fait environ 4 millions d'habitants en tout.

Le Liban est une République parlementaire. Chrétiens ou Français ont des liens avec le Liban. L'a-t-on oublié ? Le Liban fut un protectorat français de 1920 à 1946. Un "gouvernorat" autonome placé sous la protection de la France fut créé en 1864. Le Liban passa sous mandat français en 1920. Le Liban accéda à son indépendance en 1943. Longtemps, le Liban a reconnu deux langues officielles: l’Arabe et le Français. Le Liban a accueilli les Palestiniens chassés d’Israël après 1948 (création de l'État Hébreu). Après la guerre israélo-arabe de 1967, d’autres réfugiés Palestiniens s'exilèrent au Liban.

Après 1970, l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) fut chassée de Jordanie et vint s'installer au Liban. Ceci déclencha les offensives de la Syrie et d’Israël et la guerre civile (1975 - 1989). La guerre civile (23 avril 1975) déboucha sur l'occupation du Sud-Liban par Israël en 1978. L'armée israélienne fut contrainte de céder la place à la FINUL jusqu'en 1984. En 1982, Israël déclencha l'opération «Paix en Galilée». Beyrouth fut assiégée et l'OLP fut décimée. En 1983, la Syrie lança une invasion qui aboutira au siège de Tripoli. En 1991, la Syrie et le Liban ont ratifié le «Traité de Fraternité et de Coopération»: la Syrie reconnaissant le Liban. Israël, en bombardant et en occupant le Sud-Liban, a contribué à la création du Hezbollah en 1982.

Pour les Chrétiens, le Liban est une terre de référence. Selon la tradition biblique, c'est au Liban, près de Tyr, que l'on situe le premier "miracle" de Jésus lorsqu'il a transformé l'eau en vin aux «Noces de Cana». Le second miracle de Jésus eut également lieu à Cana (Qanah): un habitant de Capharnaüm, dont le fils était sur le point de mourir, alla jusqu'à Cana pour demander à Jésus de venir et de guérir son fils. Jésus lui aurait dit: «Va, ton fils vit»... Cana est également le village de Nathanaël, un des premiers disciples (peut-être l'apôtre Barthélemy selon les Évangiles). Jésus, pour échapper aux Pharisiens, se réfugiait souvent à Tyr, Sidon et Sarepta (Sarafand). Marie a suivi Jésus à Cana, Tyr, Sarafand et Sidon. C'est sur la colline de Magdouché qu'elle a attendu le retour de son fils.

Le Liban est (était...) également une pure merveille du monde antique: Le temple de Balbeeck, la cité Omeyyade d’Anjar, Saïda (Sidon) et le château de la mer, Tyr (Sour), classée Patrimoine Mondial de l’Unesco, Sarafand (Sarepta), où le prophète Elie est venu ou Magdouché (sanctuaire de Syidet el Mantara).

Une catastrophe écologique
Le 14 juillet 2006, l’aviation israélienne a bombardé la centrale électrique de Jiyé, à 25 km au sud de Beyrouth. Les 5 réservoirs de la centrale ont été détruits. 15 000 tonnes de pétrole souillent les côtes du Liban. Une marée noire s'est répandue sur la plage de Beyrouth, sur le port de Byblos (une merveille historique), sur les côtes de la Syrie et va dériver sur toute la Méditerranée, toucher la Turquie, la Grèce et Chypre. Les réservoirs en feu dégagent un nuage toxique sur plus de 30 km qui a même atteint Beyrouth. Les civils ne peuvent plus respirer l'air empoisonné. Le blocus maritime imposé par Israël interdit les accès pour venir lutter contre le feu. Le Koweït a envoyé 40 tonnes de matériel pour lutter contre la marée noire dont des tapis absorbant le pétrole. L’Union Européenne va envoyer du matériel et des experts. Selon les organisations écologiques, c'est le plus grand désastre de toute la Méditerranée en matière d'environnement alors que la Méditerranée se réchauffe dangereusement. Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, accuse également la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice de revenir au Proche-Orient pour imposer, avec l'appui du président des États Unis, George W. Bush, un "nouvel ordre" au Proche-Orient.

Chronologie des événements

Jeudi 12 juillet 2006

Israël a déclenché une offensive de guerre au Liban pour répondre à l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah le 12 juillet. Israël impose un blocus aérien, maritime et terrestre au Liban. La marine de guerre israélienne a pénétré dans les eaux territoriales du Liban. Sur l'autre front, l'opération "pluie d'été", lancée suite à l’enlèvement d’un soldat israélien le 25 juin, se poursuit sur la bande de Gaza. L'aviation a bombardé le bâtiment du ministère des Affaires Étrangères palestinien et des camps de réfugiés tuant des dizaines de civils. Au Liban, l'aviation Israélienne bombarde les bâtiments, les immeubles, les centrales électriques, les réserves d'eau, les stations de carburant, les aéroports, les ports, les routes, les ponts, les convois de camions, les relais de télé et de radio, les convois humanitaires et les camps de réfugiés. Des centaines de civils sont tués.

Mardi 25 juillet. L'aviation israélienne a bomardé un bâtiment de l'ONU à Khiam tuant quatre observateurs de l'ONU: Un autrichien, un canadien, un finlandais et un chinois. Kofi Annan estime que «ce bombardement du bâtiment de l'ONU est un acte "apparemment" délibéré». Israël a interprété l'impossibilité de l'Occident à exiger un cessez-le-feu lors de la conférence de Rome comme une "autorisation" à poursuivre l'offensive. Israël a attaque avec l'aviation, la marine et les blindés. Amir Peretz, le ministre de la Défense israélienne, veut «nettoyer le Sud-Liban du Hezbollah».

Samedi 29 juillet 2006 - Alors que des milliers de ressortissants de tous les pays sont évacués par bateaux (d'abord vers Chypre), l'administration Bush voulait faire payer aux ressortissants américains les "frais d'évacuation". John Kerry (Démocrate, candidat à la présidentielle contre G. W. Bush) et Joseph Biden (Démocrate), ont écrit à Condoleezza Rice pour lui demander «de faire une exception en faveur des Américains au Liban». L'administration Bush a finalement renoncé à faire payer les frais d'évacuation aux évacués eux-mêmes...

Dimanche 30 juillet 2006

Au Liban, on enterre les morts dans des fosses communes avec des bulldozers. L'ONU avait demandé une trêve de 72 heures pour venir en aide aux enfants, aux femmes, aux personnes âgées ou handicapées et aux blessés... Israël a refusé. Dans la nuit, plus de 60 civils dont au moins 37 enfants ont été tués dans un bombardement sur Cana. L'aviation, la marine et les blindés ont pilonné le sud du Liban durant deux heures.

Lundi 31 juillet. Le mandat de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban), présente au Sud-Liban depuis 1978, devait prendre fin ce lundi. Il a été renouvelé pour un mois. Des roquettes ont touché le nord d'Israël aux environs de Kiryat Shemona. L'armée israélienne a précisé: «Les explosions ne sont pas dues à des roquettes du Hezbollah, comme annoncé précédemment, mais à des explosions contrôlées effectuées par la police israélienne.»

Vendredi 4 août 2006 - Le Liban n'aura bientôt plus d'électricité, plus d'essence, plus d'eau ni de nourriture, sans parler des services médicaux débordés par le nombre des blessés et en manque de moyens. Le pays n'est plus qu'un champ de ruines. Les stations balnéaires sont polluées par la marée noire. Les sites archéologiques se confondent dans les décombres... Amir Peretz, le ministre de la Défense israélienne, a donné l'ordre à l'armée «de prendre le contrôle du Sud-Liban jusqu'au fleuve Litani». Le blocus israélien empêche les aides internationales d'arriver, près d'un million de personnes ont été "déplacées". Le prince Saoud al-Fayçal (Arabie Saoudite), pourtant allié de Washington, a violemment critiqué l'attitude des États-Unis en accusant George W. Bush de «fermer les yeux». Saoud al-Fayçal demande aux USA de ne plus fournir les armes utilisées par Israël contre des civils libanais. Sur l'autre front, Israël, pour récupérer son soldat enlevé, continue ses offensives sur Gaza. Selon un bilan officiel, 157 Palestiniens (des civils pour la plupart) sont morts depuis le début des raids sur Gaza il y a un mois.

Pétition Liban

Dimanche 6 août 2006 - Les États-Unis et la France ont remis un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Un texte étrange difficile à analyser... Le "projet de résolution" prévoit certes l'arrêt des hostilités, des attaque du Hezbollah et de l'offensive militaire d'Israël mais reconnaît à Israël le droit de riposter à d'éventuelles attaques du Hezbollah... Les demandes du Liban sont étrangement absentes: Le retrait des troupes israéliennes stationnées au Liban, l'arrêt de toutes les attaques d'Israël et placer la zone des fermes de Chebaa sous contrôle de l'ONU. Pendant ce temps, Israël accentue encore les frappes.

Lundi 14 août 2006 - Le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 1701 demandant l'arrêt des hostilités. Dans sa grandeur d'âme, l'ONU a accordé à Israël le droit de bombarder le Liban jusqu'à lundi à 8 h locales (7 h en France, 5 h 00 GMT). Tsahal veut contrôler une zone de 30 km jusqu'au fleuve Litani de la Syrie à la Méditerranée, pour éloigner le Hezbollah plus au nord de la frontière, avant le déploiement des 15 000 hommes de la FINUL. Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, avait "donné son accord de principe" dès vendredi. Le gouvernement du Liban a accepté la résolution. Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, s'est engagé à la respecter lorsque les hostilités auront cessé, même s'il juge la résolution injuste. L'armée israélienne va-t-elle maintenir ses troupes au Liban contre une décision de l'ONU comme elle l'a fait entre 1982 et 2000 ? Depuis le 12 juillet, 110 militaires israéliens et 40 civils ont été tués. Au Liban, le bilan est effroyable: Plus de 1300 civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués plus les combattants. Des soldats de la FINUL ont été tués. Des centaines de corps sont enfouis sous les décombres, ces victimes ne sont pas comptées tant qu'elles n'ont pas été identifiées. Pour un pays de 3,5 millions d'habitants plus les réfugiés Palestiniens, soit 4 millions en tout, le nombre des victimes civiles est énorme.


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