Mururoa et Fangataufa

1964... La France ne peut plus faire d'essais ni aériens ni souterrains au Sahara, elle doit trouver un nouveau site pour effectuer ses essais nucléaires. L'état colonialiste jette alors son dévolu sur un paradis unique de notre planète, les atolls de Mururoa et de Fangataufa, aux antipodes de Paris, en Polynésie française, plus précisément au large de l'archipel de Nouvelle-Calédonie et de Tahiti, une zone à forte densité sismique...

Flash: Cliquer sur les titres
Mururoa et
Fangataufa

Territoires occupés
illégalement par la France ?

Les atolls de Moruroa et de Fangataufa ont été cédés gratuitement dans des conditions plutôt douteuses à l’État français par délibération n° 64-27 du 6 février 1964, rendue exécutoire par arrêté n° 290/AA/DOM du 8 février 1964.

Délibération n° 64-27, 6 février 1964: "Au cas de cessation des activités du centre d’expérimentation du Pacifique, les atolls de Moruroa et de Fangataufa feront d’office retour gratuit au domaine du territoire dans l’état où ils se trouveront à cette époque, sans dédommagement ni réparation d’aucune sorte de la part de l’État. Les bâtiments qui s’y trouveront édifiés à cette même époque, ainsi que le matériel laissé sur place, deviendront la propriété du territoire, sans indemnité"... En réalité, après la fin des essais en 1996, la France a décidé de garder la propriété des atolls de Moruroa et Fangataufa, et ceci malgré un texte OFFICIEL. Des systèmes de surveillance géologiques y "auraient" été installés. Depuis 2001, les deux atolls sont sous statut militaire et interdits aux civils. Des militaires français sont cantonnés à Moruroa afin "d'empêcher les intrusions éventuelles".

Témoignage
La Gazette Nucléaire n°161/162 novembre 1997

«La France aurait employé des adolescents et des enfants sur les sites du Pacifique, selon une étude de 2 sociologues néerlandais, étude menée à la demande du Conseil Oecuménique des Églises. Le rapport de plus de 200 pages publié sous le titre "Mururoa et nous", affirme que 10 % des travailleurs avaient moins de 18 ans, 6 % moins de 16 ans et 0,3 % moins de 10 ans.... Une des préoccupations majeures des anciens travailleurs concerne leur santé et celle de leurs enfants maintenant que les essais sont terminés. Aucune recherche épidémiologique à long terme n'a été effectuée par la France, et seuls 48,5 % des travailleurs ont été examinés à la fin de leur séjour sur les sites».

La Direction des centres d'expérimentations nucléaires (DIRCEN) a démenti "avoir jamais employé d'adolescents, et encore moins d'enfants, sur ses sites de Mururoa et Fangataufa". La DIRCEN ajoute que Polynésien ou métropolitain, qu'il soit militaire ou employé par le CEA, son personnel a toujours été suivi médicalement "dans les meilleures conditions et conformément à la législation française qui est une des plus rigoureuse au niveau mondial".

En novembre 1963, les USA, l'URSS et le Royaume-Uni signent le traité de Moscou entraînant l'arrêt des tirs dans l'espace et dans les océans. La France et la Chine n'ont jamais signé ce traité... Au contraire, la France, obligée d'abandonner le Sahara, et devant la "nécessité" de procéder à des tirs thermonucléaires de grande puissance, va chercher un nouveau site pour ses tirs aériens. C'est donc aux atolls de Mururoa et de Fangataufa, en Polynésie, que vont débuter les travaux en 1963. Le premier tir aura lieu le 2 juillet 1966... Le 11 septembre 1966, le général de Gaulle assiste à l'essai de la bombe MR31 qui doit équiper les missiles S2 du plateau d'Albion. Quatre tirs ont lieu en surface, sur des barges positionnées sur le lagon, puis on passe aux essais aériens... Le premier essai thermonucléaire de Fangataufa a lieu le 24 avril 1968 ... En 1973, un autre traité limite le nombre des essais nucléaires, il est (à peut près) suivi par l'URSS et les USA. Le dernier essai aérien français a lieu à Muruora le 14 septembre 1974... 41 tirs ont été réalisés au cours de cette période. En 1975, la France abandonne les essais atmosphériques et commence ses essais souterrains à Mururoa et à Fangataufa. Les autres pays reprochent à la France de ne pas respecter l'accord de 1986 établissant une zone dénucléarisée dans le Pacifique sud, et de violer le traité de Rarotonga. C'est en constatant que «les tirs de forte puissance entraînaient des affaissements de la couronne corallienne de Mururoa» que furent décidés les essais à Fangataufa... En mars 1981, un essai raté est avoué à demi mot par le ministre de la Défense, Charles Hernu... En 1992, François Mitterrand ratifie le "Traité de non prolifération", la France suspend ses essais nucléaires. Un moratoire exige que toutes les puissances nucléaires mondiales y participent. Le 5 octobre 1993, la Chine effectue un essai à Lop Nor, dans la région autonome de Kinjiang. Le 2 juillet 1993, aux États-Unis, la suspension totale des essais voulue par Bill Clinton est prolongée. La Russie et la Grande-Bretagne respectent ce moratoire. En juin 1995, Jacques Chirac fiche tout en l'air et décide d'effectuer 8 essais souterrains et aériens sur l'atoll de Mururoa, ce qui provoque d'importantes protestations dans le monde.

Le premier tir a lieu le 5 septembre à Muruora. Le second le 1 octobre à Fangataufa. Le 3e le 27 octobre, le 4e le 21 novembre, le 5e le 27 décembre, Le 8e essai est annulé (...). Un dernier tir est effectué le 26 janvier 1996, en plein air, au dessus de l'atoll de Fangataufa. C'est le plus gros de la série... Suivant l'exemple de la France, la Chine, l'Inde et le Pakistan vont continuer leurs essais (voir
résolution
des Nations Unies)...
-

MURUROA ET FANGATAUFA:
La France
viole le traité.

Plus de 2 500 essais nucléaires ont été effectués dans le monde depuis 1945. En mai 1995, 178 états ont décidé la prolongation indéfinie du Traité de non-prolifération. La France et la Chine on violé le traité en continuant leur essais (la belle amitié "franco-chinoise"). En 1996, le Traité d'interdiction oblige la France à cesser (officiellement) ses essais et à privilégier la simulation... Airix, Moronvilliers (Marne), Laser MégaJoule (Bordeaux).

Les États-Unis ont effectué moins de tests que la France pour mettre au point des concepts particuliers de bombes. Explication de Roger Baléras, responsable de la Direction des Applications Militaires (DAM) du Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA) jusqu'en août 1994: «Nous ne tirons pas de nos essais autant d'informations que le font les Américains, parce que le conteneur [qui contient l'engin étudié] ne mesure que 150 cm de diamètre, et qu'il a des parois d'acier épaisses, afin de supporter la pression hydrostatique de l'eau dans le lagon de Mururoa»... En 1992, les États-Unis ont décidé de se contenter des armes nucléaires existantes. Le président George Bush (père) précise que les États-Unis veulent obtenir un Traité d'interdiction des essais et ne développeraient plus de nouveaux types de bombes. Cela n'empêche pas qu'une tête nucléaire puisse être chargée dans un missile Tomahawk ou dans un missile balistique: La tête nucléaire est alors larguée en chute libre.

Si elles étaient appliquées au Sahara et à la Polynésie, les normes américaines montreraient que quasiment tout le Sahara, les îles et atolls de la Polynésie ont été contaminés par les essais français. Après le tir atmosphérique du 17 juillet 1974 effectué à Mururoa, on a mesuré des retombées radioactives jusqu'à Tahiti à 1 400 kilomètres (la dose maximale admise pour un an est de 1 millisievert). De plus, Les essais souterrains dans les sous-sols et sous les lagons des atolls de Mururoa et Fangataufa n'ont pas été effectués dans des "conditions parfaites". Il y eut plusieurs accidents dont le plus grave est celui du 5 juillet 1979. Un rapport de l'AIEA de 1996 révèle qu'au moins 4 essais souterrains effectués à faible profondeur ont été "ratés". Dès les années 1970, de grandes manifestations d'opposition ont eu lieu à Tahiti et dans les pays du Pacifique. En 1995, la reprise des essais nucléaires par Jacques Chirac a été marquée par un immense mouvement de protestations mondiales (dont le "Réveil des Marmottes")...

Les explosions (souterraines) produisent une cheminée qui peut atteindre plusieurs centaines de mètres. Selon le rapport Atkinson (1984): «Les roches volcaniques ont été sévèrement altérées dans les zones environnant les points d'explosion. Il existe des possibilités de chevauchement de zones de fractures adjacentes ou d'extension de précédentes zones de fractures par des essais suivants...» Dans un article plus récent, Pierre Vincent, de l'Observatoire de Physique du Globe de Clermont-Ferrand, affirme que les réseaux de fractures pourraient entrer en communication et «ouvrir le système permettant une migration progressive des éléments radioactifs dans l'océan et dans l'atmosphère, voire provoquer une ouverture brutale du système par glissement d'un flanc de l'île dans la mer».

Bien sûr, les responsables des essais vont contester ces "prévisions catastrophiques". Yves Caristan, chef du Laboratoire de détection et de géophysique du CEA rétorque: "des éboulis et une fragmentation se forment dans l'entourage immédiat de l'explosion mais au-delà de ces zones, l'énergie mécanique se propage dans les terrains de façon élastique sans les modifier." Il précise en plus que les essais ont été répartis de manière «à limiter les interférences possibles entre eux et à préserver la stabilité du soubassement volcanique.»

L'équipe Cousteau s'est rendue sur place en 1987 et a effectué plusieurs plongées sur les flancs de l'île de Mururoa... Mais de communiqués en contre-communiqués, si on a bien constaté le tassement de la couronne corallienne et l'effondrement de parties des flancs de l'atoll, on "s'interroge toujours"... Y a-t-il eu des modifications importantes de la structure de l'atoll ? Les fractures provoquées par l'onde de choc peuvent-elles se rejoindre ? Le système hydrogéologique a-t-il été modifié localement ou à grande échelle ? revoyons le séisme en Asie du Sud, à la croisée des essais français, chinois et pakistanais... Les médias ont juste eu le temps de nous expliquer que cela n'aurait aucune incidence sur la climat qu'il se met à neiger aux Émirats Arabes, dans le désert...

On évoque une inclinaison de l'axe de rotation sidérale. Or, il est fort probable que la terre a subi une modification de sa rotation orbitale. Même infime, cette modification aura des influences importantes sur le climat, les champs magnétiques et la gravitation. Cette inclinaison est à ajouter à d'autres survenues depuis quelques années. Les pôles magnétiques se sont déjà déplacés... Si la terre s'est déplacée vers le soleil, les années seront plus courtes, et le réchauffement va s'accélérer; si elle s'éloigne, les années s'allongeront et l'astre va se refroidir... Les astronautes connaissent bien ça, lorsqu'une une fusée voit sa trajectoire même très légèrement modifiée... Il en est de même pour les satellites; leur orbite doit être maintenue le plus précisément possible sinon, c'est comme pour Mir, plouf, ça retombe. Si un objet quitte son orbite dans le sens opposé de l'objet autour duquel il gravite, il se perd irrémédiablement dans le cosmos et peut à tout instant être attiré par un autre corps céleste, c'est ce qui se passe avec les météorites. Nous avons nous-mêmes un satellite qui gravite autour de nous, la Lune, qui répond à une force d'attraction précise. Si les champs gravitationnels ont été modifiés, elle peut soit être attirée vers nous ou s'éloigner jusqu'à ne plus être retenue par la force d'attraction. Si elle se rapproche, les forces gravitationnelles vont s'amplifier... Rassurez-vous, la Lune ne percuterait pas la Terre, tout serait pulvérisé avant l'impact...

Pour les astres, il en est de même que pour les Hommes... On peut les laisser vivre leur vie et les laisser mourir de vieillesse ou abréger leur temps de vie. Ce qui est absurde avec l'humanité, c'est qu'elle raccourcit la vie de l'astre sur lequel elle demeure. «Il ne faut pas scier la branche sur laquelle on est assis», dit pourtant un proverbe.


Page précédente

Archives

Page suivante