|
|
|
|
|
|
|
|
Le Congrès américain a
lâché du lest jeudi. Face à la
volonté du président George W. Bush, le
Congrès a finalement voté (80 voix pour et 14
voix contre) la loi de financement de la guerre en Irak sans
calendrier pour le retrait des troupes. Un peu plus
tôt, la Chambre des Représentants avait
approuvé le financement de 120 milliards de dollars
par 280 voix pour et 142 voix contre. Cette loi concerne les
opérations militaires américaines en Irak et
en Afghanistan jusqu'en septembre. Les Démocrates ont
renoncé à inclure au texte la clause fixant la
date du retrait des troupes d'Irak mais ont imposé 18
objectifs (politiques et économiques) devant
être respectés par le gouvernement de l'Irak.
Alex Conant, le porte-Parole de la Maison Blanche, s'est
félicité de cette décision. Le
président George W. Bush a appelé le
gouvernement irakien en le prévenant «contre un
bain de sang dans le pays... Le gouvernement irakien doit
montrer des progrès réels en échange de
la poursuite du soutien et des sacrifices de
l'Amérique».
|
|
La Chambre des Représentants a
préféré voter deux textes: Le
financement des opérations en Irak et en Afghanistan
jusqu'en septembre et l'augmentation du salaire minimum, les
subventions agricoles, la couverture médicale (en
particulier pour les anciens combattants), les enfants
défavorisés et la reconstruction des zones
dévastées par l'ouragan Katrina en 2005. Le
social a toujours été la priorité des
Démocrates. Hillary Clinton et Barack Obama,
candidats à l'investiture des Démocrates pour
2008, ont voté contre la loi de financement des
troupes. L'ancien candidat à la Maison Blanche en
2004, John Kerry, est hostile à la guerre. Les
Démocrates, s'ils tiennent la Chambre et le
Sénat, ne disposent pas d'assez de voix pour contrer
un veto du président Bush. Face à cette
réalité, ils ont préféré
voter le texte. Cependant, les Démocrates ne
désarment pas. En septembre, date de
l'évaluation de la nouvelle stratégie
américaine, ils comptent revenir à la charge.
Selon Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des
Représentants: «Septembre sera le moment de
vérité pour cette guerre...»
En 2004, lors du face-à-face avec George Bush (Républicains), le candidat John Kerry (Démocrates) avait rappelé que les attentats du 11 septembre 2001 n'ont pas été commis par l'Irak mais par Al Qaïda et Ben Laden. Les attentats du 11 septembre ont particulièrement marqué les États-Unis et le monde. Si des sénateurs Démocrates ont approuvé l'invasion de l'Irak, d'autres comme Al Gore (candidat en 2000) l'ont désapprouvée. La guerre s'est transformée en bourbier et la violence a déferlé sur l'Irak. Le "choc" du 11 septembre s'étant dissipé, des sénateurs et les vétérans du Vietnam, sous la houlette de John Kerry, ont lancé une gigantesque campagne pour le retrait des troupes par des communiqués, des manifestations et des pétitions (auxquelles a participé le Réveil des Marmottes). En 2008, George Bush ne sera plus président (les mandats sont limités à deux aux États-Unis). Les Démocrates ont de fortes chances de l'emporter, avec sans doute Hillary Clinton ou Barack Obama, les mieux placés pour l'investiture du parti. Ceci aurait dû inciter Nicolas Sarkozy à plus de prudence. En septembre 2006, Nicolas Sarkozy a foncé à Washington pour rencontrer Bush et critiquer la politique de la France ayant refusé de suivre George Bush en Irak. Les photos ont fait tour de la planète. En 2008, Sarkozy aura perdu ses alliés. Tony Blair aura laissé la place à Gordon Brown (le 27 juin 2007). Gordon Brown passe pour un "eurosceptique", il a tenu la Grande-Bretagne hors de la zone euro. Tony Blair a tenté de rassurer lors d'un colloque d'hommes d'affaires européens à Londres: «Je pense (...) que sa politique sera pro-européenne...» mais les observateurs s'attendent à une opposition à l'égard de l'Union européenne. Que fera Nicolas Sarkozy en cas de victoire de Hillary Clinton ou de Barack Obama aux USA ? |
|
|
|
|
|
Selon Jimmy Carter, le 39e président des
États-Unis (de 1977 à 1981), dans un article
publié dans «Arkansas Democrate-Gazette»,
l'administration Bush est «la pire de l'histoire...
L'administration Bush a abandonné ou directement
remis en cause tous les accords négociés par
ses prédécesseurs en matière d'armes
nucléaires et d'environnement.» Samedi, sur la
BBC, Jimmy Carter n'a pas mâché ses mots envers
le Premier ministre britannique Tony Blair pour son soutien
à George Bush: «Abominable, aveugle, apparemment
servile... Je crois que le soutien de Tony Blair à la
politique erronée de George Bush en Irak a
été une tragédie majeure pour le
monde». Braves électeurs de Nicolas,
accrochez-vous à vos parachutes. George Bush est
«impatient de travailler avec Nicolas Sarkozy».
Bush a fait cette déclaration très officielle
à Washington lors d'une conférence de presse
au Pentagone. George Bush a d'ailleurs rappelé
à un journaliste avoir reçu Nicolas Sarkozy en
septembre 2006.
|
|
Jimmy Carter aurait pu adresser ses compliments
à Nicolas Sarkozy. Nicolas, «super looser»
(1) ? Pour Hillary Clinton (samedi), «La
conduite de la guerre en Irak de George Bush est une des
taches les plus sombres que nous ayons jamais connues...
C'est un des épisodes les plus honteux de l'histoire
américaine...» Hillary Clinton a juré de
mettre fin au conflit si elle est élue
présidente en 2008. Hillary Clinton aurait comme
interlocuteurs français un président de la
République et un ministre des Affaires
Étrangères (Sarkozy et Kouchner) sortis du
passé et favorables à la guerre. Nous ne
sommes plus sous le choc direct des attentats du 11
septembre 2001, la situation en Irak a changé depuis.
Barack Obama avait vivement critiqué l'invasion de
l'Irak en 2003. Al Gore également. En
résumé, si les Démocrates gagnent la
Maison Blanche en 2008, Sarko ne pourra même plus
aller pleurer chez Tony Blair qui, plus malin, aura
démissionné avant de recevoir le boomerang se
don soutien à George Bush. Il restera la jupe
d'Angela Merkel mais elle ne passera pas le mur de 2009.
Anglea aura accompli sa mission: Imposer son traité
grâce à Sarko.
1) En français - Loser: Personne croyant tout ce qu'on lui dit, posant des questions stupides sans même s'en rendre compte. Variantes - Looser, luser: Toute personne dont la nullité n'est plus mise en doute. |
|
|
|
|