Archives du Réveil des Marmottes  


Lundi 10 décembre 2007 - Taxi solaire à la conférence de Bali

La conférence sur le climat de Bali (une île de l'Indonésie) se déroulant en décembre verra débouler les cortèges de grosses berlines ministérielles polluant plus que 10 Rafale vendus à Kadhafi en rab des armes. Un Suisse, Louis Palmer, est parti de Helvétie le 3 juillet et arrivera début décembre à Bali avec son taxi fonctionnant à l'énergie solaire et transportera des participants. Le prototype est une voiture à trois roues équipée d'une remorque armée de six mètres carrés de panneaux solaires alimentant une batterie fournissant à l'engin une autonomie de 100 kilomètres. En 1986, Louis Palmer, âgé de 14 ans, rêvait de faire le tour du monde mais sans polluer la planète. Il a alors imaginé de fabriquer cette voiture solaire.

Louis Palmer a pu construire son engin avec la coopération de quatre universités et de quinze sociétés privées suisses. Louis Palmer a déjà traversé l'Afrique à bicyclette et l'Amérique du Nord avec un petit avion. Selon lui, «C'est la première fois de l'histoire qu'une automobile fait le tour du monde sans une seule goutte d'essence...» De nombreux participants à la conférence sur le climat de Bali ont demandé à être transportés dans le taxi solaire de Palmer. «Cette machine fonctionne comme une horloge suisse !» a précisé le constructeur.

Dimanche 16 décembre 2007 - Conférence de Bali: L'échec de la planète

Les larmes de Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, n'y changeront rien, la conférence sur le climat de Bali s'est achevée ce 15 décembre 2007 sur un échec. Selon le Réveil des Marmottes, il est déjà trop tard. Il aurait fallu prendre des mesures à l'échelle de la planète il y a 30 ou 40 ans. Le dérèglement du climat que nous observons aujourd'hui est le résultat de la pollution d'il y a vingt ans. Dans vingt ans, la jeune génération subira les effets de la pollution actuelle. Samedi, les dirigeant de notre monde ont adopté une "feuille de route" dont les conclusions seront publiées fin 2009 à la conférence sur le climat de l'ONU à Copenhague. Les mesures prises (si des mesures sont enfin réellement prises !) devraient succéder aux engagements du protocole de Kyoto expirant en 2012.

Pour Ban Ki-moon, le secrétaire-général de l'ONU, venu en renfort à Bali pour sauver la conférence, «C'est un premier pas décisif...» L'administration de George Bush a jusqu'au bout montré une hostilité concernant des "mesures contraignantes" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre L'Amérique aurait finalement "lâché du lest" pour, selon Sigmar Gabriel, le ministre allemand de l'Environnement, «ne pas passer pour le pays qui aurait fait capoter la conférence...» Pour Brice Lalonde, l'ambassadeur de France pour le climat et Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'État chargée de l'Écologie (France), cet échec est déjà mieux que rien... En attendant, «il restera quelques mois pour boucler les termes du nouvel accord et le ratifier en 2012...» Al Gore a suggéré de signer un accord en passant outre la volonté de l'administration Bush. Steve Sawyer, un responsable de la GWEC (Global Wind Energy Council), un vétéran des batailles sur le climat, souhaite carrément un "nouveau Katrina" ou un désastre naturel «pour accélérer la prise de conscience et accroître les pressions sur le gouvernement fédéral américain...»

Jeudi 13 décembre 2007

Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Écologie, qui participe à la conférence sur le climat à Bali, a contribué ce jeudi de façon originale à la reconstitution d'un massif corallien. De source officielle, Jean-Louis Borloo n'avait pas prévu ce plongeon. Pour aller planter un morceau de corail sur le fond marin, comme il n'avait pas emporté de maillot de bain, le ministre s'est mis en caleçon et s'est équipé d'un masque de plongée. Un geste fort, à quelques jours de Noël, pour tenter de prolonger le protocole de Kyoto après 2012. Toutefois, selon les sources du Réveil des Marmottes, la conférence de Bali est dans une impasse. «Le transfert des technologies propres vers les pays émergents se fonderait sur des raisons incompréhensibles...» Faudra-t-il attendre que le Père Noël fasse sa tournée en slip rouge dans un traîneau tiré par des chameaux pour réagir face au dérèglement climatique ?

Le tourisme hivernal dans l'extrême nord de l'Europe subit dangereusement le réchauffement climatique. Chaque année, à l'approche de Noël, à Rovaniemi en Laponie finlandaise, les habitants, les élus, les commerçants, les agences touristiques et les éleveurs de rennes scrutent le ciel espérant y voir des signes d'un hiver d'antan. En effet, Noël arrive et la rivière Ounaskoski traversant la Laponie finlandaise n'est toujours pas gelée. Jarmo Kariniemi, le propriétaire du «Santa Claus' Office» de Rovaniemi, où plus de 340 000 visiteurs viennent rencontrer le Père Noël chaque année, est très préoccupé. «En ce début de décembre, l'enneigement est tout juste de 20 centimètres, c'est suffisant pour les motoneiges et les traîneaux mais sur les rivières et les lacs, il n'y a toujours pas de glace.» Le climatologue Heikki Tuomenvirta n'est guère plus optimiste: «La saison touristique hivernale dans les pays nordiques va continuer de raccourcir de façon spectaculaire et rapide... Les températures moyennes en Finlande augmenteront de 3 à 6 degrés Celsius en hiver d'ici quelques années, peut-être même de 4 à 8 degrés. La moyenne à Rovaniemi passerait ainsi de -15°C à l'époque de Noël à -8°C... Les précipitations hivernales vont augmenter, neige et pluie confondue, puis la pluie prendra le pas, faisant rétrécir le manteau de neige de la Laponie...»

Carina Winnebäck, la gérante d'un hôtel à Enontekiö au nord de Rovaniemi, affirme avoir convaincu des tour-opérateurs britanniques d'y faire atterrir des charters. Le réchauffement du climat aura des conséquences dramatiques pour la faune, la flore et les populations locales. L'élevage de rennes, l'activité principale des Sâmes, des Lapons de la péninsule de Kola en Russie, est lui aussi menacé. En 2006, dans le nord de la Russie, les températures ont chuté brutalement de -28 à 0 degré. Les rennes risquent tout simplement de disparaître affirme Bruce Forbes, un biogéographe de l'Institut arctique de Rovaniemi.

Le Réveil des Marmottes vous propose l'emploi du temps de Shaun Nugent, un entrepreneur de travaux publics de Carlisle dans l'ouest de l'Angleterre, venu avec avec sa femme Mandy et leurs filles, Sophie, 11 ans, et Chelsea, 9 ans, à Rovaniemi dans le Grand Nord finlandais où vit le Père Noël: Il est 12 heures 03 (heure locale). À la latitude 66° 33' Nord, la température extérieure est de -10°C et l'enneigement est de 20 cm. L'entrevue sera courte, dans 7 heures, la famille reprendra l'avion pour l'Angleterre. Coût de l'opération: 1800 Euros. Environ 35 000 "day-trips" de Noël britanniques et irlandais visitent ainsi la Laponie finlandaise pour Noël accueillis par des elfes. «Bienvenue en Finlande ! Par ici !...» Destination: Santa Park, un parc creusé dans la roche à cinq minutes de l'aéroport, pour une balade en traîneau et motoneige et une rencontre avec le "Joulupukki", le père Noël Finlandais.

À deux kilomètres plus au nord, Luis Hernandez, sa femme Graziella, et ses filles Cécilia, 6 ans, et Lara, 3 ans, déboulent de Madrid sur le cercle polaire où se trouve le "Santa Claus' Village" et le "Santa Claus' Office", le bureau du père Noël. Ici, on passe directement ses commandes au Père Noël. La visite ne dure pas plus d'une minute et l'attente peut durer plus d'une heure. Au mur, on peur voir des photos du Père Noël flirtant avec les Spice Girls... Pour 39 Euros, Jouni, Elina Rajalampi et leurs enfants, une famille du sud de la Finlande, pourront voir leur rencontre avec le Père Noël sur écran géant... 18 heures, retour à l'aéroport pour la famille Nugent et les touristes britanniques. Comme la nuit tombe vers 15 heures, ils n'ont pas vu la lumière bleue des aurores boréales. «L'an prochain, nous louerons un chalet pour rester plus longtemps...» 19 heures 20, l'avion décolle. Dans 3 heures 30, ils seront de retour en Angleterre. Dans dix ans, ils iront admirer Jean-Louis Borloo en slip sur la plage remplaçant la banquise.

Lundi 17 décembre 2007 - Bali: La surpopulation "oubliée"

Pas un mot au Grenelle de l'Environnement ni à la conférence de Bali sur le climat. Le Réveil des Marmottes va une nouvelle fois faire grincer des dents sur un sujet tabou, "le" sujet qui fâche. Une des principales raisons de la déréglementation du climat n'est quasiment jamais évoquée: La surpopulation. Pour comprendre de quelle façon notre planète s'est peuplée et à quel rythme, le Réveil des Marmottes vous propose un petit tableau sur l'évolution de la population humaine depuis le Néolithique (environ 9 000 ans avant J.-C.) à nos jours. L'évolution démographique va littéralement exploser vers l'an 1500 de notre ère. À la fin du Néolithique (l’invention de l’écriture vers 3 300 ans avant J.-C.), on estime la population humaine à moins d'un million d'habitants. À l'époque de Jésus, la population mondiale est de 5 millions d'individus, en 1800 de 1 milliard, en 1930 de 2 milliards, en 1960 de 3 milliards, en 1975 de 4 milliards, en 1987 de 5 milliards, en 1999 de 6 milliards et en 2006 de 7 milliards selon les sources des plus sérieuses. En 2008, nous approcherons donc en réalité de 8 milliards et non de 7 milliards.


Surpopulation - La forêt menacée


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