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Noël Forgeard, l'ex-co-président
d'EADS (Airbus), le groupe aéronautique
européen a empoché un peu plus de 8,5 millions
d'euros d'indemnités de départ (environ 6
millions d'euros) et une prime de non-concurrence de 2,4
millions d'euros... Dans le détail, Noël
Forgeard a eu droit à six mois de préavis (1
223 317 d'euros de salaire brut et un bonus de 101 917 euros
soit 2,44 millions sur vingt-quatre mois) et à 4 893
268 d'euros (deux ans de salaire brut annuel). En 2005,
Noël Forgeard avait empoché une
rémunération de 2,33 millions d'euros (un
salaire fixe annuel de 1,13 million et un bonus de 1,2
million d'euros). En mars 2006, des "stock-options" avaient
déjà rapporté une plus-value de 2,5
millions d'euros au patron d'EADS. EADS est
contrôlé par l'allemand Daimler Chrysler, par
l'État français et par le groupe
Lagardère. EADS met en place le plan Power 8
prévoyant pour commencer la suppression de 10 000
emplois.
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En
2003, Pierre Bilger, l'ex-patron d'Alstom, a empoché
4,1 millions d'euros d'indemnités. Jean-Marie
Messier, l'ex-RMIste de Vivendi Universal a vu ses 20
millions d'euros d'indemnités gelés. On
pourrait continuer avec Philippe Jaffré, l'ex-patron
d'ELF Aquitaine, Daniel Bernard (Carrefour), Antoine
Zacharias (Vinci) et Serge Tchuruk, l'ex-PDG d'Alcatel,
parti avec 8,2 millions d'euros de compensation. Alcatel a
annoncé la suppression de 12 500 emplois afin
d'économiser 1,7 milliard d'euros. Serge Tchuruk a
quitté ses fonctions en décembre 2006 mais
reste président non exécutif du conseil
d'administration du nouveau groupe. Selon la porte-parole
d'Alcatel-Lucent, «Il ne touchera que 100 000 euros par
an». De son côté, Jean-François
Roverato (PDG d'Eiffage, le groupe de BTP ayant construit le
viaduc de Millau), a reçu 75 000 actions gratuites en
2005 et 120 000 en 2006, soit un peu plus de 23 millions
d'euros.
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Thierry Breton, ministre de l'Économie
jusqu'en mai, successeur d'Hervé Gaymard à
Bercy, ex-patron de France-Télécom, est
offusqué. Selon l'hebdomadaire «Challenges»
de jeudi, Thierry Breton, le ministre de l'Économie,
est intervenu pour que l'ex-coprésident d'EADS,
Noël Forgeard, puisse quitter EADS avec des
indemnités de plus de 8,5 millions d'euros, ceci
contre l'avis du conseil d'administration. Thierry Breton a
été mis en cause par François Bayrou
(UDF) et par François Hollande, le premier
secrétaire du PS. François Bayrou et
François Hollande ont réclamé la
démission du ministre, à quelques jours
seulement de la présidentielle. Pour se justifier,
Thierry Breton balance involontairement la
vérité: «L'État détient 15%
du capital d'EADS, il n'est pas actionnaire en direct du
groupe...»
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Les 27
pays de l'UE voient leur économie s'effondrer,
surtout les 13 pays membres de l'Euroland (Zone Euro).
L'Euro est une monnaie surévaluée
conçue pour la spéculation et les profits
immédiats. Son niveau face au Dollar est une
catastrophe économique. Pour la contrer, des
entreprises comme Airbus (EADS) ou Dassault n'ont qu'une
solution: Délocaliser hors de l'UE en zone Dollar.
Louis Gallois, le PDG d'EADS, la maison mère
d'Airbus, a confirmé ce lundi les propos tenus le
dimanche 25 novembre au journal Welt am Sonntag: «Vu le
niveau de l'Euro, Airbus doit délocaliser une partie
de sa production hors de la Zone Euro... Le processus
concernera tous les avions, nous allons être
obligés de faire fabriquer des pièces d'avion
à l'extérieur de l'Europe... L'impact sera
surtout sensible sur la prochaine décennie...»
En effet, Airbus supporte les coûts de fabrication en
Euro et vend ses avions en Dollars. «Il est impossible
de vendre des avions en Euros, nos clients ne le veulent pas
et ça ne changerait rien parce que nous payons nos
salariés en Euros et Boeing les paie en
Dollars...» Toute l'industrie aéronautique et
spatiale est en train de partir d'Europe. Louis Gallois
ajoute: «Je pense que c'est un problème qui a
une dimension politique... L'Europe doit se
réveiller...» Après les "cadeaux" de
Nicolas Sarkozy à la Chine, Louis Gallois a
confirmé sur Europe 1 vouloir délocaliser la
production des Airbus en Tunisie, au Maroc ou en Inde.
Charles Edelstenne, le président de Dassault Aviation
et président du GIFAS (Groupement des Industries
Françaises Aéronautiques et Spatiales), a
annoncé des délocalisations «dans des
zones Dollar ou à bas prix...» Selon Charles
Edelstenne, «En deux ans, Dassault Aviation a fait face
à un recul supplémentaire de 30% du Dollar.
Nous ne pouvons supporter un tel écart en produisant
et en achetant en Zone Euro...» Dassault Aviation
prépare des mesures «d'adaptation de la
société».
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Le RdM |