Archives du Réveil des Marmottes


Jeudi 12 avril 2007 - EADS - Noël Forgeard


Dessin Noël Forgeard: © 2007 by Michel Mahler

Noël Forgeard, l'ex-co-président d'EADS (Airbus), le groupe aéronautique européen a empoché un peu plus de 8,5 millions d'euros d'indemnités de départ (environ 6 millions d'euros) et une prime de non-concurrence de 2,4 millions d'euros... Dans le détail, Noël Forgeard a eu droit à six mois de préavis (1 223 317 d'euros de salaire brut et un bonus de 101 917 euros soit 2,44 millions sur vingt-quatre mois) et à 4 893 268 d'euros (deux ans de salaire brut annuel). En 2005, Noël Forgeard avait empoché une rémunération de 2,33 millions d'euros (un salaire fixe annuel de 1,13 million et un bonus de 1,2 million d'euros). En mars 2006, des "stock-options" avaient déjà rapporté une plus-value de 2,5 millions d'euros au patron d'EADS. EADS est contrôlé par l'allemand Daimler Chrysler, par l'État français et par le groupe Lagardère. EADS met en place le plan Power 8 prévoyant pour commencer la suppression de 10 000 emplois.

En 2003, Pierre Bilger, l'ex-patron d'Alstom, a empoché 4,1 millions d'euros d'indemnités. Jean-Marie Messier, l'ex-RMIste de Vivendi Universal a vu ses 20 millions d'euros d'indemnités gelés. On pourrait continuer avec Philippe Jaffré, l'ex-patron d'ELF Aquitaine, Daniel Bernard (Carrefour), Antoine Zacharias (Vinci) et Serge Tchuruk, l'ex-PDG d'Alcatel, parti avec 8,2 millions d'euros de compensation. Alcatel a annoncé la suppression de 12 500 emplois afin d'économiser 1,7 milliard d'euros. Serge Tchuruk a quitté ses fonctions en décembre 2006 mais reste président non exécutif du conseil d'administration du nouveau groupe. Selon la porte-parole d'Alcatel-Lucent, «Il ne touchera que 100 000 euros par an». De son côté, Jean-François Roverato (PDG d'Eiffage, le groupe de BTP ayant construit le viaduc de Millau), a reçu 75 000 actions gratuites en 2005 et 120 000 en 2006, soit un peu plus de 23 millions d'euros.

Vendredi 20 avril 2007 - Il a le Forgeard long, vive le Breton

Thierry Breton, ministre de l'Économie jusqu'en mai, successeur d'Hervé Gaymard à Bercy, ex-patron de France-Télécom, est offusqué. Selon l'hebdomadaire «Challenges» de jeudi, Thierry Breton, le ministre de l'Économie, est intervenu pour que l'ex-coprésident d'EADS, Noël Forgeard, puisse quitter EADS avec des indemnités de plus de 8,5 millions d'euros, ceci contre l'avis du conseil d'administration. Thierry Breton a été mis en cause par François Bayrou (UDF) et par François Hollande, le premier secrétaire du PS. François Bayrou et François Hollande ont réclamé la démission du ministre, à quelques jours seulement de la présidentielle. Pour se justifier, Thierry Breton balance involontairement la vérité: «L'État détient 15% du capital d'EADS, il n'est pas actionnaire en direct du groupe...»

Thomas Enders, l'actuel co-président allemand d'EADS, deviendrait le président d’Airbus et le Français Louis Gallois obtiendrait la tête d'EADS mais les choses sont loin d'être aussi simples. L'État français détient 15% du capital du groupe. Nicolas Sarkozy veut élargir le pacte d'actionnaires sans froisser Lagardère (France) qui possède 7,5% et Daimler Chrysler (Allemagne) possédant 22,4%. Chacun veut bien sûr sa part du gâteau. L'A-380 est le plus redoutable échec de l'aéronautique. Les pénalités de retard ne sont même plus chiffrables.

Samedi 21 juillet 2007

Vendredi, dans un entretien accordé au quotidien allemand Die Welt, Thomas Enders et Louis Gallois ont affirmé: «Le plan Power 8 (la restructuration d'Airbus) sera appliqué en l'état et le plus rapidement possible». Les deux ex-présidents d'EADS prendront leurs fonctions le 27 août, Louis Gallois à la tête d'EADS et Thomas Enders à la tête d'Airbus. Le plan Power 8 prévoit la suppression de 10 000 emplois, la fermeture de 3 usines en Europe et de céder des participations dans 3 autres. Il a été élaboré sur la base d'un euro valant 1,35 dollar. Or, deux mois après la victoire de Nicolas Sarkozy en France, l'euro a dépassé 1,38 dollar. Jeudi, l'Allemand Thomas Enders a déclaré à l'agence de presse Reuters: «Une poursuite de la dépréciation du dollar pourrait conduire à un durcissement de Power 8... Si l'euro atteignait 1,50 dollar ou plus, nous devrons envisager des mesures bien plus "drastiques"...» De son côté, Louis Gallois a avoué au quotidien Die Welt ne pas être hostile à l'ouverture d'une usine aux États-Unis. «Ce n'est pas pour le moment d'actualité mais si l'euro devait grimper à 1,60 dollar, nous devrions nous demander quelles sont les mesures supplémentaires à prendre".


Louis Gallois et Thomas Enders
Airbus Bf-109 double carcasse
Dessin by Michel Mahler - Le RdM


Le plan Power 8 doit permettre à Airbus d'économiser 5 milliards d'euros sans toucher aux salaires des PDG et aux parachutes en or. En effet, le mastodonte volant, l'A-380, est un désastre financier, le futur long-courrier A-350 sera concurrencé par le "Dreamliner" 787 de Boeing plus efficace et moins cher et l'avion de transport de troupes A-400-M aura lui aussi de la concurrence. Chaque variation de 10 cents de la parité euro/dollar coûte un milliard d'euros à Airbus. L'Allemand Thomas Enders est favorable aux délocalisations. Airbus, dont il sera l'unique président en août, va vendre 3 de ses 16 usines, une à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) en France et deux à Laupheim et Varel dans le nord de l'Allemagne. Airbus va également céder des participations dans 3 autres usines. Selon Thomas Enders et Louis Gallois, «Les négociations sur les sites sont "à un stade avancé"...» Le plan Power 8 sera bien plus draconien que prévu. Le Réveil des Marmottes a reçu des infos sérieuses, les licenciement pourraient concerner 20 000 emplois et il y aurait bien plus de 3 usines vendues. L’ouverture d’une usine aux États-Unis, si l'euro atteignait 1,60 dollar, serait la solution pour surmonter les problème de change. Voilà l'UE qu'on veut nous imposer.

Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a rendu visite aux salariés d'Airbus à Saint-Nazaire pour leur expliquer: «Il faudra travailler plus pour gagner des clopinettes». Nicolas Sarkozy avait aussi promis de s'attaquer à l'euro (trop) fort. En vendant la France à l'entité européenne avec un mini-traité pesant plus lourd que celui de 2005 et encore moins compréhensible, il a certes obtenu l'autorisation de s'auto-proclamer dictateur d'opérette tout juste bon à museler son peuple mais n'a en réalité rien à dire au niveau du fonctionnement d'une UE où les technocrates et les spéculateurs sont les rois. Le 27 août 2007, les deux coprésidents d'EADS entreront en fonction. Louis Gallois à la tête d'EADS et Tom Enders à celle d'Airbus. Le conseil d'administration d'EADS continuera d'être coprésidé par le Français Arnaud Lagardère et par l'Allemand Rüdiger Grübe jusqu'à l'assemblée générale extraordinaire de fin d'année. Rüdiger Grübe sera alors l'unique président du conseil.

Lundi 3 décembre 2007 - Dassault, Airbus: On délocalise !

Les 27 pays de l'UE voient leur économie s'effondrer, surtout les 13 pays membres de l'Euroland (Zone Euro). L'Euro est une monnaie surévaluée conçue pour la spéculation et les profits immédiats. Son niveau face au Dollar est une catastrophe économique. Pour la contrer, des entreprises comme Airbus (EADS) ou Dassault n'ont qu'une solution: Délocaliser hors de l'UE en zone Dollar. Louis Gallois, le PDG d'EADS, la maison mère d'Airbus, a confirmé ce lundi les propos tenus le dimanche 25 novembre au journal Welt am Sonntag: «Vu le niveau de l'Euro, Airbus doit délocaliser une partie de sa production hors de la Zone Euro... Le processus concernera tous les avions, nous allons être obligés de faire fabriquer des pièces d'avion à l'extérieur de l'Europe... L'impact sera surtout sensible sur la prochaine décennie...» En effet, Airbus supporte les coûts de fabrication en Euro et vend ses avions en Dollars. «Il est impossible de vendre des avions en Euros, nos clients ne le veulent pas et ça ne changerait rien parce que nous payons nos salariés en Euros et Boeing les paie en Dollars...» Toute l'industrie aéronautique et spatiale est en train de partir d'Europe. Louis Gallois ajoute: «Je pense que c'est un problème qui a une dimension politique... L'Europe doit se réveiller...» Après les "cadeaux" de Nicolas Sarkozy à la Chine, Louis Gallois a confirmé sur Europe 1 vouloir délocaliser la production des Airbus en Tunisie, au Maroc ou en Inde. Charles Edelstenne, le président de Dassault Aviation et président du GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales), a annoncé des délocalisations «dans des zones Dollar ou à bas prix...» Selon Charles Edelstenne, «En deux ans, Dassault Aviation a fait face à un recul supplémentaire de 30% du Dollar. Nous ne pouvons supporter un tel écart en produisant et en achetant en Zone Euro...» Dassault Aviation prépare des mesures «d'adaptation de la société».


Airbus A380

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